Témoignages

Avant de partir, nous avons rencontré Monsieur Claude Bloch, ancien déporté du camps d’Auschwitz. Il nous a raconté son histoire que nous allons vous faire partager.

Témoignage de Monsieur Claude BLOCH

Il habitait à Lyon dans le centre. Il avait à peine 15 ans quand il a été arrêté, c’était le 29 juin 1944. Il vivait avec sa mère, son grand-père et sa grand-mère. Son père était mort avant que la guerre commence.
En 1941, ils ont voulu déménager vers Bron, car ils avaient peur qu’on les arrête.
Lui et sa mère prenaient le bus tous les jours. Sa mère allait à son travail et lui allait étudier au lycée la Martinière Duchère à Lyon. Ils ne portaient pas l’étoile jaune, Son grand-père avait trafiqué sa carte d’identité car le nom «Bloch» faisait trop nom de famille de juifs. Il avait donc écrit Blacher.
remSa famille n’avait pas regretté d’avoir déménagé car ils avaient appris que leur maison ou ils habitaient avant avait été pillée.

Presque tous les jours il se faisait contrôler dans le bus. Il avait toujours peur, non pas parce que sa carte d’identité était fausse, parce qu’il savait bien que son grand-père avait fait du joli travail et que ça ne se voyait pas mais parce que dans son cartable il avait tous ses cahiers au nom de Bloch. Il ne l’avait pas dit à son école qu’il avait changé de nom de famille sur sa carte d’identité. Ainsi, il avait peur qu’on lui demande de sortir ses cahiers pour vérifier. Heureusement, ça n’a jamais été le cas.

Le premier jour des vacances d’été, le propriétaire de leur appartement avait demandé à Claude s’il voulait partir avec lui pour aller voir son petit fils. Il était donc en train d’astiquer son vélo afin de partir puis quand il est onté à la maison sa mère et son grand-père étaient en train de faire à manger. Sa grand-mère avait un rendez vous  chez le dentiste, elle était donc partie.
C’était environ 11 heures du matin en plein mois de juin 1944, quand les SS sont montés, ils ont posé un revolver sur la table et leur ont dit de faire leurs valises. C’est ce qu’ils ont fait. Claude avait deux pantalons : un court et un long. Il prit donc le court car il faisait très chaud. Sa mère lui a dit de changer, de prendre le pantalon long. Il l’a donc écoutée sans chercher à comprendre.
Ils ont ensuite été emmenés à la prison Montluc à Lyon. Des SS sont venus chercher son grand-père et sa mère, pour les interroger. Lui est resté tout seul assis sur une chaise. Au bout d’un petit moment sa mère revint et lui glissa à l’oreille qu’ils avaient tué son grand-père devant elle. Elle ne lui dit rien d’autre car normalement ils n’avaient pas le droit de se parler. Ils ont ensuite été emmenés dans une cellule. Ils ne sont pas restés très  longtemps à Montluc.
Après ils ont été conduit dans un camp d’internement à Drancy où ils sont restés une nuit seulement. Ils étaient avec les enfants d’Izieux.
Le lendemain, ils ont été mis dans des wagons à bestiaux sans savoir où ils allaient. On leur avait dit de mettre leur valise au fond et de se mettre à l’avant.
A leur arrivée à Auschwitz, on les faisait descendre à coup de fouet en leur disant de laisser les valises qu’ils les prendraient après.
Il y a eu ensuite la sélection : la file qui se dirigeait directement vers la chambre à gaz et la file qui les menait au travail. Personne ne connaissait la destination de ces files.
C’était les SS qui décidaient où chacun allait.
D’un côté, les femmes et les enfants qui n’étaient pas séparés, ils  étaient tout de suite emmenés dans la chambre à gaz et de l’autre côté  une file d’hommes.
Claude alla donc avec sa mère car pour lui il était encore un enfant. Sa mère le repoussa et lui fit comprendre d’aller dans la file des hommes.
Il  y eut ensuite un nouveau tri dans cette file: ceux qui étaient aptes au travail et ceux qui allaient dans les chambres à gaz.
Ainsi, Claude se trouva à aller travailler tous les jours sauf le dimanche. Cétait leur seul jour de repos. Il devait creuser des trous. Ils étaient tout le temps surveillés par des SS. Ils n’avaient pas le droit de s’arrêter même un tout petit moment. Ils dormaient dans des dortoirs. Souvent c’étaient des lits à trois étages. La meilleure place était celle du dessus car dans la nuit il était strictement interdit de se lever pour aller aux toilettes donc les gens faisaient dans leur lit et comme leurs matelas étaient seulement de la paille celui du dessous reçevait tout. La paille n’était jamais changée. Le matin ils mangeaient un verre de bouillon pour quatre. Le midi, ils avaient ce qu’ils appelaient de la soupe mais en fait c’était de l’eau mélangée avec un ou deux morceaux de betteraves. Le soir ils avaient encore du bouillon avec un minime morceau de pain noir. Tous les matins et tous les soirs il y avait l’appel. Ils appelaient tous le monde qui devait être présent pour vérifier si personne ne s’était enfuie. Même ceux qui avaient pu mourir pendant la nuit devaient être présents donc les autres devaient les prendre dans les bras bien qu’ils soient mort pour montrer aux SS qu’ils ne s’étaient pas enfuis. Ils étaient déshumanisés. Ils étaient dans des conditions de vie, de travail terribles. Monsieur Bloch a bien insisté sur les conditions de vie à cette époque.

Il nous a dit que sa mère lui a donné la vie trois fois : une première fois lors de sa naissance ; une deuxième fois quand elle lui a dit de mettre un pantalon long au lieu de son court quand les SS sont venus les chercher et la troisième fois quand elle lui a fait comprendre d’aller dans la file des hommes et pas rester avec elle. La dernière image de sa mère est quand elle lui a dit de changer de file et c’est ce qui lui est encore au jour d’aujourd’hui le plus dur. Il nous a dit qu’il a commencé à témoigner lors du procès Barbie. Pas longtemps avant nous il avait témoigné à des jeunes allemands et moi je trouve qu’il est vraiment fort moralement et physiquement.

 Témoignage de Monsieur Benjamin Orenstein Auschwitz

2014-12-11 10.00.35

 

 

Il habitait en Pologne à 70 kilomètres,de Lublin, il est arrêté à l’automne 1942, il a trois frères, ils sont aptes au travail et envoyés dans différents camps. Les parents et la sœur de Benjamin Orenstein partent pour Belzec. Préoccupés par le sort du jeune Benjamin ils espèrent le retrouver. Il a 16 ans quand il se fait arrêter. A Belzec, ses parents et sa sœur ne reviendront pas du camp sans retour. Le jour de son anniversaire, le 4 août 1944 , il a 18 ans lorsqu’il est interné à Auschwitz. Il est retenu dans le camp des tziganes. C’est difficile pour lui de parler d’ Auschwitz, ce sont des cris et des aboiements, ceux des chiens et des gardes. Les odeurs et les fumées des fours crématoires ne s’évacuaient  jamais.On ne pouvait plus voir les oiseaux qui avaient déserté les lieux. Toute vie semblait condamnée à disparaître d’ Auschwitz- Birkenau. Ce sont des silences, tout ce que Monsieur Orenstein ne dit pas, ne peut pas être dit. On ne peut pas raconter Auschwitz, seulement évoquer.

En janvier 1945 la «marche de mort» conduit Benjamin Orenstein à Dora en Allemagne et il est finalement libéré le 11 avril 1945. Il a commencé à témoigner de ce qu’il a vécu lors du procès Barbie, 48 ans après. Ensuite il se sentait obligé de témoigner pour sa famille exterminée, pour ses camarades torturés. En 1981 il a appris pour quelle raison son cousin germain est mort. Les juifs de Pologne comme Mr Orenstein ne portaient pas l’étoile de David directement épingler sur leurs vêtements, ils devaient porter un brassard blanc avec l’étoile de David dessus. Le dimanche était la pire des journées car ils les emmenaient à une séance de nettoyage. Benjamin Orenstein et ses camarades étaient appelés et devaient se mettre en rang pour marcher en militaire sous les coups de fouet et les coups de matraque. Les premiers arrivés avaient le temps de se nettoyer et les derniers avaient à peine le temps de se déshabiller et l’ordre de retour était donné. En 1941 ils ont donné un tour de vis supplémentaire, ils ont décidé d’ouvrir les ghettos « définir un quartier , entasser les juifs et les emmurer ».Les juifs avaient un périmètre de 1 km à respecter autour de leurs ghettos. Si celui-ci était dépassé ils avaient directement la peine de mort. Chaque semaine il y avait 1 mort, 2 morts, 3 morts. Comme ils mourraient de faim, les pères de familles allaient dans les champs la nuit et se faisaient prendre par les SS et étaient exécutés sur le champ.

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